Christiane Herbaut est handicapée d’une main. À 52 ans, et après des années de travail en milieu ordinaire, elle a été orientée vers une entreprise adaptée [1].
« Depuis l’âge de 17 ans, et malgré un handicap survenu à l’adolescence, j’ai toujours travaillé en milieu ordinaire, à des postes de manutentionnaire. J’ai emballé du chocolat dans une usine, coupé des champignons de Paris qu’il fallait ensuite mettre en barquettes, planté des boutures de géraniums, exercé le métier de femme de ménage. Toutes ces tâches étaient pénibles et répétitives, m’obligeant à rester debout la journée, sans prendre le temps de souffler. Mes employeurs ne se souciaient pas de mon handicap tant que le rendement était là, et je ne me plaignais pas, par crainte de perdre mon travail.
« Avec l’âge, ma pathologie s’est aggravée et je ne pouvais plus porter de lourdes charges ni suivre la cadence. En 2007, ma belle-sœur m’a parlé d’une entreprise qui embauchait des personnes handicapées. J’ai postulé. J’ai été reconnue travailleur handicapé et le Cap Emploi a estimé que je relevais effectivement du travail en entreprise adaptée. Je m’occupe aujourd’hui de la gestion du courrier et de documents back office.
« Je suis ravie de cette orientation en entreprise adaptée, j’aime mon métier et le fait de pouvoir travailler à mon rythme. Je suis en position assise, je ne sollicite plus ma main accidentée et je suis, de fait, beaucoup moins fatiguée. Mes collègues sont tous handicapés et je m’adapte en fonction des difficultés des uns et des autres, je les aide dès que je le peux. Il aura fallu attendre plus de trente-cinq ans pour que mon handicap soit pris en compte et pour décrocher un emploi qui me plaise réellement. Je suis dans cette entreprise adaptée depuis presque un an et j’ai signé mon CDI il y a quelques mois. Je ne changerais pour rien au monde. »
Article rédigé par le Magazine Déclic
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